GROUPE INTERNATIONAL DE RECHERCHES BALZACIENNESAppel à communication«  Journées Balzac à Tours  »«  Balzac géographe  »  : «  Territoires  » (Tours, 5-6 juin 2003)sous la responsabilité de Philippe Dufour et Nicole Mozet |
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Il faut rappeler qu’à la suite de notre colloque du Bicentenaire, qui a eu lieu à Tours, le Conseil du girb a accepté la proposition du Conseil Général d’Indre-et-Loire de «  Journées d’études  » sur Balzac (un jour et demi ou deux jours) tous les deux ans. Le Conseil du girb du 29 avril 2000 a choisi de prolonger notre «  Balzac dans l’Histoire  » par un «  Balzac géographe  », en estimant que ce programme se prêtait bien à une triple scansion  : 1.Voyages (printemps 2001)  2. Territoires (printemps 2003)  3. Espace et imaginaire (printemps 2005). Un Comité scientifiquea été élu  : Roland Chollet (CNRS), Roland Le Huenen (Université de Toronto), Max Milner (Université Paris III), Nicole Mozet (Université Paris 7), Paule Petitier (Université de Paris  7). Philippe Dufour (Université de Tours) a accepté de prendre la suite de Paule Petitier dans l’organisation de ces Journées d’études.   Cette circulaire est un appel à communication selon la problématique suivante  : Territoires  : avant d’aborder les emplois métaphoriques du mot et son impact sur l’imaginaire, il convient de ne pas oublier le primat du géographique  : villes et nations, pays, colonies et propriétés, cartes et plans, terrains et terroirs, constructions et destructions, frontières à fixer ou déplacer, etc. Que des spécialistes de cette discipline acceptent de nous aider dans cette tâche de recentrement serait particulièrement bienvenu. La dimension politique va également de soi  : le territoire est toujours plus ou moins un enjeu de pouvoir, un lieu à défendre, à conquérir, un pouvoir à asseoir –  que ce soit «  le territoire de la France  » (VIII, 929) dans Les Chouans, le «  territoire de Besançon  » (I, 914) à l’intérieur duquel essaie de s'introduire l’étranger Albert Savarus, le «  territoire du bourg  » (IX, 460) qu’organise Benassis, ou encore la «  fortune territoriale  » (Balzac aime cette expression), objet de convoitise par excellence  : «  Qui terre a, guerre a  ». On ne s’interdira certes pas d’arpenter les petits territoires, les milieux , comme dit Balzac dans l’«  Avant-propos  » à La Comédie humaine, traçant un parallèle entre les espèces animales et les espèces sociales. Le territoire, au sens zoologique, est cette zone qu’un animal ou un groupe se réservent, en en protégeant l’accès contre les intrus, en y imprimant leurs marques. Les cercles sociaux balzaciens fonctionnent bien sur ce modèle avec leurs rites d’intégration ou d’exclusion, leurs interactions codifiées. On pense parfois à Goffman en lisant les romans de Balzac... On s’intéressera bien sûr aux implications esthétiques de la notion. Comment le roman configure-t-il le territoire  ? Comment le transforme-t-il en lieu romanesque, voire en véritable actant  ? Comment le rend-il beau ou repoussant, «  civilisé  » ou «  sauvage  »  ? Ce pourrait être notamment l’occasion de revisiter la catégorie bakhtinienne de chronotope  : le territoire, espace fait par l’Histoire, parle de l’Histoire –  sa quatrième dimension. La représentation de l’espace condense et concrétise une vision de la société, elle la symbolise. Le milieu est la métaphore du moment . Pensons par exemple au chronotope mondain, avec ses exclusives et déjà des effractions (les salons mixtes, signe des temps). Pensons encore au chronotope du seuil, lieu privilégié assurément pour visualiser le devenir social, touchant aux limites du territoire. On pourra interroger tout le corpus balzacien, pas seulement La Comédie humaine. On n’hésitera pas non plus à convoquer l’intertexte  : suggérons pêle-mêle  la «  littérature panoramique  », comme Les Français peints par eux-mêmes, les guides pour voyageurs, les statistiques préfectorales, la Revue des Deux Mondes  et ses relations de voyage, ou bien encore les Mémoires d’un touriste de Stendhal avec leur coupure Nord-Sud du territoire français, toujours comparé et opposé à l’Italie. L’édition de référence est l’édition de la Pléiade, en 12 volumes pourLa Comédie humaine, ainsi que les deux volumes supplémentaires contenant les Contes drolatiques et les Œuvres diverses. Pour la Correspondance (Garnier, 5 vol.) et les Lettres à madame Hanska (Laffont, 2 vol.), se reporter aux éditions de Roger Pierrot. Ne pas oublier que l’édition originale de La Comédie humaine (Furne) est disponible sur le cédérom du girb (sous la direction scientifique de Claude Duchet, Nicole Mozet et Isabelle Tournier), avec des documents et un moteur de recherche particulièrement efficace (Acamédia  : 01 40 06 00 25 ou leur site Internet  : http://www.acamedia.fr). Ces questions ne concernent pas seulement les spécialistes de la critique balzacienne. Les communications seront d’une demi-heure environ, en évitant autant que possible les monographies. Les propositions –  titre et bref résumé  – sont à envoyer avant le 30 septembre 2002 à Philippe Dufour ET à Nicole Mozet. Nicole Mozet, 35 rue Hallé, F-75014 Paris (nmozet@club-internet.fr) Philippe Dufour, 86 rue Michelet, F-37000 Tours Les «  Journées Balzac à Tours  » bénéficient du soutien du Conseil Général d’Indre-et-Loire, de la Mairie de Tours, du Conseil Régional du Centre, des équipes de recherche littéraires des Universités de Tours, Paris  7 et Paris  8. Mercredi 4 juin 16 heuresPrésentation de la «  Collection Balzac  » du GIRB, aux éditions Christian Pirot, au château de Saché «  Journées Balzac à Tours  » Balzac géographe  II  : «  Territoires  » (Tours, 5-6 juin 2003) dans la salle de conférence du 5e étage de la Bibliothèque universitaire Université François Rabelais, 3 rue des Tanneurs, 37000 Tours   Jeudi 5 juin sous la présidence de Max Milner 9 h. 30 : ouverture du colloque 10 h. : Henri Mitterand (Université Paris 3 et Columbia University) : « Terre, terrain, territoire. Variations géocritiques balzaciennes » 10 h. 30 : Sébastien Velut (ENS, géographe) : « Le discours des géographes à l’époque de Balzac » 11 h. : discussion et pause 11h.30 : « Problématiques du territoire » Roland Le Huenen (Université de Toronto) : « Dire le territoire ou comment le discours (balzacien) investit les lieux » Claude Duchet (Université Paris 8) : « Territoires et texte du hors-lieu balzacien » Luizia Palanciuc (Université de Bucarest) : « Géographies à vif : espace et fiction dans La Comédie humaine » 12 h. 15 : discussion et déjeuner sous la présidence de Philippe Dufour 14 h. 30 : « Limites et passages » Jeannine Guichardet (Université Paris 3) : « " Là Paris n’est plus, là Paris est encore" : poétique des territoires incertains » 15 h. 15 : discussion et pause 16 h. : « Non-lieux » Pierre Laforgue (Université de Franche-Comté) : « L’océan, ou le chronotope du vide » 16 h. 45 : discussion En fin d’après-midi, avant le dîner, l’écrivain François Bon nous a proposé d’introduire une lecture du texte intégral de La Grande Bretèche (50 min.), par des comédiens du Centre régional d’art dramatique de Tours. Vendredi 6 juin sous la présidence de Roland Chollet 9 h. : Claudine Cohen (EHSS, « Biologie et société ») : « Balzac et les sciences naturelles de son temps » 9 h. 30 : Patrick Matagne (IUFM de Lille, épistémologie et histoire des sciences) : « Les espèces sociales et leurs milieux, ou l’écologie sociale de Balzac » 10 h. : discussion et pause 10 h.30 : « Sociologie du territoire » 11 h. 15 : discussion et déjeuner sous la présidence de Nicole Mozet 14 h. : « Politique du territoire » 14 h. 45 : discussion et pause 15 h. 15 : « Configurations du territoire » 16h. : discussion et clôture du colloque Le colloque se tiendra dans les locaux de l’Université de Tours. La lecture de La Grande Bretèche aura vraisemblablement lieu dans la salle de réception de la Mairie de Tours. Le Comité scientifique, élu par le Conseil du girb, comprend : Roland Chollet (CNRS), Philippe Dufour (Université de Tours), Roland Le Huenen (Université de Toronto), Max Milner (Université Paris 3), Nicole Mozet (Université Paris 7), Paule Petitier (Université Paris 7). Il s’est réuni le 15 octobre 2002 pour la préparation de ce programme. |